Jizô et les six royaumes - Sai no Kawara

Publié le par Jizô-kun

 

Ci-dessous un texte adapté des écrits de Kondo Takahiro .

Jizô Bosatsu a juré de sauver ou de soulager la souffrance de toutes les âmes dans chacun des six domaines de l'existence (la réincarnation), en particulier ceux de l'enfer, et est donc souvent représenté dans un groupe de six au Japon. Ces groupements sont appelés Roku Jizô (六地蔵- littéralement : Six Jizô) . "Chacun des six Jizô est attribué à l'un des six royaumes (aka les six voies de la transmigration ou de la réincarnation, la roue de la vie, le cycle de la souffrance), pour sauver les âmes errantes de chaque domaine spécifique. Les six domaines débutent par les trois états les plus bas, appelés les trois chemins du mal. Ils sont les états de :
-1: ceux qui se trouvent en enfer
-2 : les fantômes affamés
-3 : les animaux.
Suivit des 3 autres états :
-4 : les Asuras
-5 : les êtres humains
-6 : et les Devas 
Les six domaines sont les étapes de la souffrance, même le royaume céleste des Devas en fait parti car ils souffrent d'orgueil.
Il y a un autre groupe correspondant connu sous le nom des Six Kannon, un pour chacun des six domaines, qui peuvent avoir antidaté les Six Jizô.

Jizô Bosatsu ne protège pas seulement les âmes des adultes mais aussi les âmes des enfants, en particulier ceux des enfants mort-nés et abandonnés, ou des enfants mort au début de leur jeune vie. Ces enfants, même si innocent, doivent quand même passer par l'enfer et y être jugé par les Juô (十王 = Dix rois de l'enfer).
Le premier juge est Shinkô-ô.
Les morts qui sont reconnus innocents peuvent traverser la rivière Sanzu (Rivière des Trois passages (三途の川 - さんずのかわ) le fleuve Styx dans la mythologie Grecques) par un pont qui se trouve entre le premier et le deuxième juge de l'enfer (entre les rois Shinkô-ô et Shokô-ô). Dans la plupart des cas, Jizô Bosatsu guide les enfants innocents a traverser ce pont. Les coupables, cependant, doivent traverser à la nage les eaux profondes. Dans d'autres cas, Jizô aide les enfants a regagner la rive en toute sécurité.
Quand les âmes des jeunes enfants décédés tentent de traverser à la nage la rivière Sanzu, ils succombent, car la rivière est trop large et le courant est trop fort pour la traverser. Ainsi, ils construisent des tours de galets, comme pénitence et prière pour recevoir le salut. Mais en vain car des démons apparaissent de nulle part et détruisent leurs tours de pierres - détruisant ainsi tout espoir de traverser la rivière. Toutefois, si les parents et les proches vivent dans la foi de Jizô Bosatsu, Jizô viendra à leur secours, les aidant à traverser la rivière en toute sécurité, évitant ainsi la terrible furie des démons.
Les statues de Jizô tiennent généralement le shakujô - un bâton à six anneaux - ce bâton est utilisé par Jizô pour sonder la rivière, et signifie la protection de Jizô pour tous piégés des Six Royaumes. Dans certaines traditions, Jizô secoue ce bâton pour nous réveiller de nos illusions.

Encore aujourd'hui, ce folklore à propos de l'enfer guide de nombreux parents au japon. Ils imaginent leurs bébés restant sur la berge, incapable de traverser la rivière, incapable de gagner le salut. Les parents japonais ressentent donc un grand besoin d'agir pour soulager la souffrance de leur enfant, de faire quelque chose pour améliorer leurs chances de rédemption. En découle le grand culte de Jizô Bosatsu au Japon. Partout, dans tout le pays, au bord des routes, dans les cimetières, dans les temples, aux intersections fréquentées, on peut trouver des petites statues de Jizô vêtues de petits bavoirs, ornées de jouet, portant des chapeaux minuscules, protégés par des écharpes, des piles de pierres empilées aux alentours, offert par les parents affligés. Les parents habillent les statues de Jizô, dans l'espoir que Jizô revêtira l'enfant mort par sa protection. De petits galets sont empilés autour des statues Jizô comme une prière à Jizô pour aider l'âme en souffrance de l'enfant décédé.

Certains temples, sans doute, profitent de ce folklore. Ils disent aux parents traumatisés: "Votre enfant perdu continuera à souffrir. Votre enfant perdu ne sera sauvé si vous ne prenez pas de mesure pour apaiser son âme troublée. Vous devez acheter des statuettes pour les offrir aux services religieux pour alléger leurs souffrances".
Au Japon, cette tendance vers la miséricorde bouddhique et les deuils prolongés signifient que de nombreux parents en deuil achèteront des statuettes chères et payeront des frais exorbitants de service commémoratif. Les temples ainsi prospèrent d'un tel patronage.
<Fin du texte adapté des écrits de Kondo Takahiro >

 

Voir aussi :

Roku Jizô 六 地 蔵 (lit.= Six Jizô ) Les Six Jizô et les six États de l'Existence

Roku Jizô ( Six Jizô ) dans les temps modernes, les Six Jizô chapeautés, livre populaire pour enfants

Onmark productions

 

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