Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 14:37
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Voici la retranscription d'un reportage réalisé par Ian Connacher diffusé sur Arte. 

 

 

Le plastique, la culture de l’artificiel

 

Le plastique est un poison silencieux qui nous menace. Il est partout et le plus souvent, utilisé comme produit à usage unique. On ne peut pas se passer de cette matière mais aucun organisme vivant ne parvient à le dégrader, autrement dit en dehors de la faible quantité incinérée, tout le plastique utilisé depuis son origine se retrouve dans la nature.

 

L’océan, une soupe de plastique.

L’océan, l’endroit ou tous les cours d’eau se déversent.

Le plastique est le fléau des mers, nos océans sont devenu une véritable soupe de plastique.

Le tourbillon du pacifique nord, la grande zone d’ordure du pacifique (à 1500 kilomètre de la terre).

Il faut savoir qu’il y a 5 tourbillons océaniques dans le monde, dans l’Atlantique Nord, l’Atlantique Sud, la Pacifique Nord, le Pacifique Sud et l’océan Indien. Ces tourbillons de haute pression sont créés par des systèmes météorologiques ou les masses d’airs s’accumulent, elles forment une sorte de montagne qui pèse de tout son poids sur la surface de l’océan en creusant une dépression au centre de la zone, au final ce phénomène produit un tourbillon d’eau comme dans une cuvette de toilette. Il entraîne tous les détritus vers cette zone centrale qui est animée par un léger courant descendant et il se forme ainsi une zone d’accumulation.

 

Selon les nations unies il y aurait environ 18 000 déchets de plastique par kilomètre carrés dans les océans.

Les gros morceaux de plastiques peuvent errer dans les océans pendant des dizaines d’années en se recouvrant de balanes, de crabes et autres animaux marins.

L’industrie de la pêche est responsable d’une grande partie de ces déchets mais 80% d’entre eux proviennent de la terre ferme. Les détritus qui se retrouvent dans le caniveau, se retrouvent dans les rivières et se déversent dans l’océan. Tous ne peuvent pas se récupérer avec une épuisette… en plongeant on s’aperçoit que de minuscule morceau de plastique grand comme des confettis flottent. Sous l’effet du soleil et des vagues ils finissent par se décomposer mais en petit morceau seulement. Pour les animaux marin certains morceaux de plastiques peuvent ressembler à de la nourriture. L’élément de base du plastique, les billes de résine synthétique, est souvent confondu avec des œufs de poisson.

Il est même dit que le plastique, au sein des océans, est 10 fois supérieur que les organismes naturels.

Il est coriace à digérer mais surtout il fixe les polluants gras comme les pesticides et les herbicides que les terres cultivées rejettent dans les rivières.

Les billes de résines attirent les polluants comme des aimants.

10% des plastiques flottant dans les océans sont composés de granulés, et comme ces dernières ressemblent comme deux gouttes d’eau a des œufs de poissons, les animaux les mangent en les prenant pour de la nourriture. Et quand un gros poisson mange une grand nombre de petits poissons qui ont ingurgité des granulés pollués, on obtient ce que l’on appelle une bio accumulation, qui se poursuit tout le long de la chaîne alimentaire jusqu’à nous.

Au pays bas, la mer rejette 7 à 8 kilos de déchets par kilomètre de plage par jour. Dans 90% des cas on retrouve du plastique dans le ventre des oiseaux se nourrissant d’animaux marins. La quantité s’élève à 0,6 gramme. Ce qui correspond pour les humains à une boite de 20 centimètre. Le maximum pouvant être de 20 grammes qui pour un homme correspondrait environ 2kg. On y retrouve des morceaux de plastiques relativement dures, des granulés de résine industrielle, de gros morceaux de plastique jaunâtre et différentes sortes de plastique comme du polystyrène et de minuscules morceaux de sac en plastique. Cette accumulation dans le tube digestif des oiseaux peut affecter leur santé et leurs capacités de reproduction…Mais ce qui est le plus dévastateur se sont les produits chimiques absorbés par le plastique car une partie des substances ingérées passent pas le sang des oiseaux et parmi elle, des produits chimiques toxiques.

 

Si on analyse les substances chimiques absorbées par le plastique en comparant le taux de PCB (polychlorobiphényle) dans les granulés et dans les eaux environnantes, on  démontre que le facteur d’accumulation et de 1 million. En d’autre terme tous ces produits chimiques restent dilués dans l’océan jusqu'à ce qu’ils rencontrent du plastique. Ces minuscules confettis, une fois chargé d’un million de plus de molécules chimiques que l’eau environnante, deviennent des pilules de poison qui peuvent s’infiltrer dans toute la chaîne alimentaire.

 

Le plastique à travers le monde

En Amérique du nord, le recyclage s’applique essentiellement sur le type 1 et 2 (sur 6) et seulement moins de 40% de ce qui est produit parvient à être recycler. Le reste fini dans les décharges avec les restes alimentaires et les vieux journaux y restent pendant des siècles. Car les sites d’enfouissements des déchets sont des dépôts hermétiquement fermés, en l’absence d’oxygène et de microorganismes adéquats rien ne peut se décomposer.

 

Le recyclage du plastique pose donc deux problèmes :

- Il est léger mais se compacte mal. Il prend donc beaucoup de place aussi bien dans les bacs à recycler que dans les poubelles.

- Le mélange des matières.

Comme les producteurs et les recycleurs ne jouent pas dans la même cour, les recycleurs ne sont jamais sûr de la nature des produits qu’ils reçoivent. Les produits peuvent comporter jusqu'à 6 sortes de plastiques différents et plusieurs types d’alliages métalliques. Il y a un vrai problème de cohérence qu’il faut régler.

 

Au Danemark plus de 90% des bouteilles en plastique sont recyclés.

Pour inciter au recyclage, les Danois ont instauré une mesure très convaincante : la consigne.

En attribuant une valeur à ces emballages, ils réduisent considérablement la pollution due au plastique. Les bouteilles sont acheminées dans un centre de recyclage, géré par l’état pour être triées et renvoyées au fabriquant, comme Coca Cola.

D’ailleurs chez Coca cola les bouteilles sont même lavées pour être réutilisées jusqu'à 20 fois. Le système est très efficace mais ne fonctionne que pour certain type de bouteille. Le reste des emballages plastiques Danois va chez un homme qui passe tout au broyeur pour en faire des pots de fleur ou autre objets utilitaires.

Jusqu'à présent les municipalités échouent lamentablement dans leurs efforts de recyclage. Dans la chaîne, collecte, tri, revalorisation des emballages, les entreprises de recyclage sont incapables de faire face à la multiplicité des types de plastique.

Pour le verre c’est simple on en trouve 3 sortes : vert, transparent ou marron.

Mais avec le plastique la diversité est sans limite.

 

La société Lego avait abandonné le PVC dans les années 80 et que toutes les pièces défectueuses étaient recyclées.

 

Au Houston au Texas, quand la ville a décidé d’arrêter son programme de recyclage, un homme a pris le relais. Son entreprise récupère tous types de plastiques usagés pour les fondre afin d’en fabriquer un seul et même produit, les traverses de chemin de fer, qu’il vend à des compagnies ferroviaires du monde entier. Ses traverses sont sensées durer plus longtemps que le bois, elles ne craignent pas les termites, sont recyclable à l’infini et avantage suprême, toutes les traverses de chemin de fer du monde ont la même taille, un seul moule suffit donc à les fabriquer.

 

La fabrication des revêtements de sol consomme beaucoup de produit dérivé du pétrole. Les moquettes par exemple comportent 5 types de polymères différents. Le plastique, le plus coriace à éliminer, est le vinyle du support. Conséquence, les moquettes représentent un pourcentage considérable des déchets jetés à la décharge.

 

La société Interface a mis au point une technique appelé Cool Blue. Tous les composants plastiques sont recyclés pour fabriquer de nouvelles moquettes dans des machines alimentées en énergie par le méthane de la décharge locale. Une solution d’avenir pour interface car les décharges seront peut être les puits de pétroles de demain.

 

Le Kenya fait partie des cinq pays africain qui ont banni le sac en plastique, soit totalement, soit à partir d’une certaine épaisseur car il y en a tellement là-bas qu’on le surnomme: la fleur nationale.

 

Les entreprises des recyclages des pays occidentaux ont du mal à faire face à la concurrence des pays ou la main d’œuvre est bon marché. De ce fait une grande partie de nos déchets en plastique sont vendus en Chine et en Inde.

Comment font-ils pour s’en sortir ?

De toute évidence, en Inde, les sacs en plastiques fins ne valent pas grand chose et échouent partout dans le nature. Dans les villes ils bouchent les égouts et provoquent des inondations, les vaches les mangent dans les décharges et finissent par se bloquer l’estomac et mourir d’une mort lente et douloureuse.

L’Inde recycle 60% de ses déchets de plastiques alors que nous n’en recyclons que 5%.

Le matériel informatique usagé en constitue une grande partie. Imprimante, ordinateur, écran et autre composant électronique sont réutilisés. Les circuits imprimés sont démontés, le plastique usagé est brûlé, le métal récupéré. Tout est mis en pièces détachées et conservé.

Mais si tout est réutilisé, pourquoi y a t il des décharges sauvages sur le bord des routes et des dépôts d’ordures qui débordent d’emballages usagés?

Selon Plast’India, une organisation de professionnel du plastique, ce n’est que le début.

Les villes indiennes se modernisent et construisent des centres commerciaux partout, et là ou les grandes chaînes de distribution font leurs apparitions, la consommation d’emballages ne peut qu’augmenter. Le niveau de consommation de l’Inde est très loin derrière celui de l’occident mais à l’heure où le pays s’engouffre dans la mondialisation, l’industrie du plastique fait l’apologie du tout jetable or l’Inde n’a pas l’infrastructure nécessaire pour gérer ce genre déchet.

 

Jusqu'à présent la condition sine qua non du recyclage c’est le tri. Qu’il se fasse par système optique ou à la main, le recyclage est tributaire d’une phase de séparation des différentes sortes de plastique qui prend beaucoup de temps et d’énergie. Payer des employés pour trier les bouteilles, les boites de conserve et les journaux frise le ridicule.

Une entreprise du Tennessee a décidé de se débarrasser de l’étape du tri. Ils récupèrent tous les déchets tel qu’ils sont jetés la poubelle, ils les chargent à la pelleteuse et les vident directement dans un système automatique qui sépare le métal et le verre et le reste est déversé dans un four à vapeur à très haute température qui les transforme en une matière appelée « flocon ». Il est revendu ensuite comme terreau à des pépinières. Mais ces flocons servent aussi à fabriquer d’autres choses, des bancs, des lattes de plancher par exemple.

Mais l’idée de faire pousser des légumes sur des flocons de déchets de plastique fait un peu peur, sachant que certains plastiques sont fabriquer avec certains produits chimiques toxiques.

 

La chimie des plastiques.

En effet, le plastique dégage des produits toxiques, les odeurs de vinyle qu’on respire dans une voiture neuve, par exemple, libèrent des hormones synthétiques dans notre organisme.

Les plastifiants sont des produits chimiques que l’on mélange avec le plastique lui-même.

Au départ le plastique est une matière rigide, on ne peut pas le façonner. C’est là qu’interviennent les plastifiants qui permettent de modeler le plastique en employant différent procédé.

Ces produits font aussi partie de la famille des phtalates, ils sont pratiquement partout. Dans les cosmétiques, les emballages alimentaires, les poches de sang, les peintures murales, l’enrobage des médicaments et même dans l’eau des robinets.

Ces substances dérèglent à la hausse ou à la baisse, la fonction, l’expression des gènes dans l’organisme. Et tous les phtalates ont le même effet !

En clair, ces produits peuvent perturber le développement du corps tout entier, du cerveau jusqu’au système immunitaire. Et ces substances pénètrent bel et bien dans le corps humain.

Aux Etats-Unis, une récente enquête des autorités sanitaires montrent que pratiquement tous les américains ont du Bisphénol A dans leurs urines et les enfant sont ceux qui en ont le plus.

Le Bisphénol A ou BPA est le principal composant chimique du polycarbonate. C’est un plastique dur et transparent. On l’emploie pour fabriquer des lunettes de soleil, skis, biberons, CD, résines dentaires, et le revêtement intérieur de boite de conserve, de soupe et de légume.

On constate des cas de cancer, cancer de la prostate, tumeur prés cancéreuse dans les glandes mammaires des animaux, production anormale de sperme chez les mâles, anomalies du développement du cerveau, troubles du comportement social, cas d’hyperactivité, d’agressivité extrême et de difficulté d’apprentissage.

 

Le problème : 3 million de tonnes de polycarbonate jeté dans les décharges.

On appelle cela, la théorie de la faible dose. Une petite quantité de substance chimique toxique peut être plus dangereuse qu’une dose élevée.

A l’origine le bisphénol A est un oestrogène de synthèse mis au point dans les années 30, on a découvert plus tard qu’il pouvait servir à faire des plastiques. Mais si ce produit est dangereux, pourquoi y en a-t-il dans le plastique ?

Dans d’autre pays comme en Europe ou les phtalates sont déjà interdits, ces informations ont conduit l’union Européenne à décider qu’il fallait les supprimer définitivement.

 

L’antimoine

L’antimoine est un métal lourd comme le mercure.

Un géo chimiste a découvert un composant inattendu dans les bouteilles en plastique. Une matière appelée Antimoine qui est employée dans la production du P.E.T. le polyéthylène téréphtalate.

Ce produit a-t-il une influence sur l’eau ?

L’antimoine est un catalyseur mais chimiquement il est lié au polymère, il ne peut pas en être extrait, il en fait partie intégrante. Il est donc impossible de le filtrer ou de le faire sortir.

Notre corps n’en a pas besoin. Ces produits n’ont aucune fonction physiologique, ils ne peuvent pas être bénéfique. Soit ils n’ont aucun effet, soit ils ont un effet négatif selon leur concentration et l’espèce touchée.

 

La pyrolyse et biotechnologies

A l’origine le plastique était issu de la pétrochimie mais aujourd’hui il est produit à partir du gaz naturel mais le gaz naturel est aussi un combustible fossile, ses ressources sont limitées.

Ne pourrait on pas utiliser les plastiques comme source d’énergie ?

Le polyester ou P.E.T. issu de l’industrie textile, avec la pyrolyse peut transformer cette matière en pétrole pour l’essence des voitures. Le goudron aussi peut être distillé et servir à la fabrication de pétrochimie.

En Allemagne, un chimiste a perfectionné un procédé appelé pyrolyse. Il peut retransformer le plastique en pétrole. Les plastiques sont fabriqués avec un pétrole brut et des dérivés de pétrole. Si on les fractionne en petites molécules elles peuvent être employées dans les travaux de recherche pétrochimique ou dans l’industrie.

Mais l’intérêt de la pyrolyse ne se limite pas la production d’énergie, avec l’huile de styrène qu’il extrait de déchet de polystyrène, un bio ingénieur Irlandais cultive des bactéries qui produisent du plastique! En effet, les bactéries se nourrissent de l’huile de pastique, elles en remplissent leurs cellules, grossissent et se multiplient à vue d’œil, une fois qu’elles sont bien dodues, on extrait le contenu de leurs cellules et le transforme en plastique. Sans utiliser la biotechnologie pour en faire des bactéries mutante, il utilise des organismes déjà présents dans le sol sans aucune modification génétique, elles font ça naturellement.

Ce plastique est sans aucun risque toxique et 100% bio dégradable, autrement dit, grâce à la chaleur, l’oxygène et les micro-organisme il se décompose intégralement.

 

Mais il existe déjà des plastiques à base de plantes sur le marché, des bioplastiques connu depuis aussi longtemps que leurs cousins dérivés du pétrole. Aujourd’hui le prix exorbitant du pétrole remet les bioplastiques sur le devant de la scène. Ils sont renouvelables, recyclables, se décomposent sans laisser d’autre trace que du CO2 et de l’eau et peuvent soutenir l’industrie locale.

Une société aux états unis, qui se trouve être le plus grand producteur de plastique du monde, s’est associé avec une autre société de la culture du maïs, ils ont construit une gigantesque usine dans le Nebraska. L’acide poly lactique ou PLA, un plastique à base de maïs qu’ils produisent, sert a fabriquer des emballages alimentaires, des bouteilles, des serviettes hygiéniques, des couches, des chaussettes, des chemises, de la moquette ou des articles de literies.

Comme les autres polymères on peut l’incinérer, le mettre en décharge, ou le recycler chimiquement mais en plus on peut aussi le composter.

Au japon les plastiques bios de maïs et de kénaf, une plante voisine du coton servent à fabriquer des objets biodégradables comme des portables ainsi que leurs emballages.

Mais est il vraiment envisageable de remplacer tout le plastique à base de pétrole par du plastique végétal ? Suffisamment de terre sont-elles disponibles pour produire du bioplastique ?

 

Il existe d’autres types de bioplastiques fabriqué à base de peaux d’oranges, sirop d’érable et même de dioxyde de carbone. Il est possible aussi d’exploiter les déchets issus de l’industrie de la volaille, les plumes de poulets. On récupère les protéines des plumes de poulet ainsi que la glycérine issue de la fabrication du biodiesel pour deux usages différent :

-Comme aditif dans la fabrication du polymère.

-Sert à produire un polyester par réaction avec de l’acide citrique.

 

En Australie, un PDG mange les bioplastiques qu’il fabrique. La meilleure façon de convaincre les sceptiques que le plastique à base d’amidon de mais est a la fois fonctionnel, écologique et sans aucune toxicité c’est de prendre un emballage, de l’écraser et de dire, il a les même propriété que le plastique, le même aspect, la même texture mais quand on verse de l’eau dessus il se dissout. En 8 semaine environs, il est réintégrer dans la bio masse de dioxyde de carbone et d’eau, s’il se retrouve dans une rivière ou dans la mer, il se dissout instantanément.

 

Si le marché propose des solutions plus sures pourquoi ne pas les adopter ? Si on peut fabriquer du plastique indéfiniment recyclable, les décharges deviendront peut être inutile ?

La chose à ne pas oublier, en tant que consommateur c’est que nous n’avons rien fait de mal, contrairement à ce que certain représentant de l’industrie du plastique peuvent dire. L’industrie n’a pas crée un produit délibérément toxique et indestructible. Le plastique et ses belles promesses a emporté tout le monde dans son tourbillon. Fini les contraintes de la nature et du temps mais aujourd’hui un siècle s’est écoulé depuis le naissance du plastique et il est plus que temps de repenser notre relation en matière synthétique.

 

 

Par Jizô-kun - Publié dans : Ecologie - Communauté : écologie nature et histoire
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